Les arts et traditions japonais

Omizutori, festival de Nara annonçant le printemps

L’Omizutori (お 水 取り) ou le festival des flambeaux, datant de l’année 752, a lieu dans le Nigatsu-do du temple Todai-ji, à Nara. Ce festival inaugurant l’arrivée du printemps est le rite final après le respect de deux semaine de cérémonie du Shuni-e destinée à nettoyer les gens de leurs péchés.
Les onze prêtres, appelés Renhyoshu, sont nommés en décembre de l’année précédente pour participer à l’événement. Ils sont chargés de nettoyer les lieux pour la préparation de la cérémonie à venir. Au cours de la période menant à l’Omizutori, les prêtres ont interdiction de parler et de quitter les lieux.
Durant la dernière nuit de la cérémonie du Shuni-e, le rite principal «Otaimatsu» a lieu. Les moines portent des torches, allumées le premier jour de mars et viennent en dessous de la salle de Nigatsu-do, d’où, selon la légende, l’eau sacrée jaillit de la façade seulement une fois par an. Les assistants brandissent et agitent des torches en faisant des grands cercles de feu. Les spectateurs, qui regardent cette cérémonie et qui sont exposés aux étincelles, sont alors protégés pour l’année contre les mauvaises choses.
Le lendemain, le rite de l’eau sacrée a lieu : les moines puisent alors l’eau et l’offrent d’abord aux divinités bouddhiques,dont bodhisattva Kannon, puis l’offre au public pour ces pouvoirs de guérison.
Une fois l’Omizutori terminé, les cerisiers en fleurs commencent à fleurir, signe que le printemps est arrivé.

Le RAKU

raku (楽焼, raku-yaki) est le résultat d’une technique d’émaillage développée dans le Japon du XVIe siècle. Sa principale utilisation est liée à la fabrication de bols pour la cérémonie du thé.
La technique du raku, découverte en Corée, est un procédé de cuisson à un rythme rapide avec une température finale atteinte dans un cycle court de 15 à 20 minutes. Les pièces incandescentes, sorties d’un four petit et surpuissant à environ 1 000 °C, subissent un choc thermique soit en les trempant dans l’eau, en les enfumant, en les brulant ou en les laissant refroidir à l’air libre. La phase qui consiste à empêcher la combustion de l’émail en fusion, en limitant l’apport d’oxygène avec de la sciure de bois, est la réaction d’oxydo-réduction. A la suite de cela,  les couleurs plus ou moins métallisées, les craquelures et les glaçures apparaissent, ce sont les principales caractéristiques du Raku. Après le refroidissement, les pièces sont nettoyées avec un produit abrasif pour enlever tous les résidus de suie et de cendre
Les résultats de cette technique varient à l’infini dus à la multitudes de paramètres entrant en jeu, ce qui confère à la pièce son unicité.
Le mot raku vient d’un idéogramme gravé sur un sceau d’or qui fut offert en 1598 par Taiko, maître servant de la cérémonie du thé, à Chōjiro, potier japonais, fondateur du style raku-yaki.

Ukiyo-e, gravures japonaise

L’Ukiyo-e (浮世 絵) est un genre de gravures sur bois et des peintures produites entre le 17 et 20e siècles , mettant en vedette des paysages, des contes et les quartiers de plaisir. Il est le genre principal artistique de la gravure sur bois au Japon.
Habituellement, le ukiyo-e est traduit littéralement par «monde flottant», se référant à une conception d’un monde évanescent, éphémère, fugitive, léger comme les divertissements (kabuki, courtisanes, geishas) dissociée des responsabilités de l’ordinairedu monde de tous les jours.
Le romancier contemporain Asai Ryôi, dans son Ukiyo monogatari (浮世 物语 « Tales of the Floating World », 1661), fournit un aperçu de la conception du monde flottant:
« … Vivre seulement pour le moment, tourner toute notre attention aux plaisirs de la lune, la neige, les cerisiers en fleurs et les feuilles d’érable, en chantant des chansons, boire du vin, nous détournant de tout, flottant, flottant; … refusant d’être découragé, comme une gourde flottante avec le courant du fleuve: c’est ce que nous appelons le monde flottant … »
L’ukiyo-e est devenu très prolifique dans la culture métropolitaine d’Edo (Tokyo) au cours de la seconde moitié du 17ème siècle, avec les œuvres originalement monochrome comme celles de Hishikawa Moronobu dans les années 1670. Dans un premier temps, seule l’encre de Chine a été utilisée, puis quelques impressions ont été manuellement coloré au pinceau, mais au 18ème siècle, Suzuki Harunobu développe la technique d’impression polychrome pour produire  les nishiki-e.
Les peintures Ukiyo-e étaient abordables car produites en masse. Elles étaient principalement destinées aux citadins pas assez riches pour se permettre d’acheter une peinture originale. Le sujet initial de l’ukiyo-e était la vie en ville,et en particulier les activités et les scènes des quartiers de divertissements. De belles courtisanes, les lutteurs de sumo, les acteurs populaires étaient représentés dans leurs activités attrayantes. Plus tard, les paysages sont devenus populaire. Le sexe n’était pas un sujet sanctionné
Les racines de l’ukiyo-e peut être attribuée à l’urbanisation qui a eu lieu dans la fin du 16ème siècle qui a conduit au développement d’une classe de marchands et d’artisans qui ont commencé à écrire des histoires ou des romans, et à peindre des images, rassemblées dans ehon (絵 本, livres avec des illustrations),tel que l’édition 1608 de Contes d’Ise par Hon’ami Koetsu. Ukiyo-e ont été souvent utilisé pour les illustrations de ces livres, des cartes postales, kakemono-e ou des affiches pour le théâtre kabuki.
Dans le milieu du 18e siècle, les techniques permet l’impression polychrome. Appelées nishiki-e , ces dessins sont reproduits sur des cartes postales et les calendriers d’aujourd’hui. Utamaro, Hokusai, Hiroshige, et Sharaku sont les artistes éminents de cette période. Après avoir étudié l’art européen de la perspective, Katsushika Hokusai représenta surtout des paysages et la nature. Ses trente-six vues du mont Fuji (富 岳 三 十六 景 Fugaku sanjūrokkei) Ont été publiés à partir de 1831.
En 1842, des photos de courtisanes, geishas et d’acteurs ont été interdits dans le cadre des réformes Tenpo. Pendant l’ère Kaei, (1848-1854), de nombreux navires marchands étrangers sont venus au Japon. Le ukiyo-e de cette époque reflètent les changements culturels.
Après la Restauration de Meiji en 1868, le Japon est devenu ouvert aux importations en provenance de l’Ouest, y compris la photographie, qui a largement remplacé l’ukiyo-e au cours du bunmei-Kaika (文明 开化, le mouvement occidentalisation du Japon au cours de la période de début de l’ère Meiji). Ukiyo-e ayant plus aucune valeur, fut utilisé comme matériau d’emballage pour les marchandises commerciales. Paradoxalement, en Europe, cela fût une source majeure d’inspiration pour impressionniste, cubiste, et post-impressionnistes tels que Vincent van Gogh, James Abbott McNeill Whistler, Claude Monet, Edgar Degas, Mary Cassatt, Henri de Toulouse-Lautrec et autres. Cette influence a été appelé japonisme.

Hina matsuri : la fête de filles

Hina matsuri  » fête des filles » ou des poupées  est une fête annuelle qui a lieu au Japon le 3 mars. Les petites filles japonaises exposent leurs poupées, représentant la cour impériale sous l’ère Heian, sur une estrade à plusieurs niveaux. Ces poupées qui se transmettent de génération en génération, ne sont sorties de leur carton qu’à cette occasion.
Tout en haut, on trouve l’empereur  à gauche et l’impératrice à droite.
Sur le second niveau sont disposées trois dames de cour portant des flacons de saké.
sur la troisième marche se tiennent quatre musiciens et un chanteur.
Sur les trois niveaux inférieurs sont présents divers personnages.

Mais il arrive très souvent, que l’on peut se contenter que du couple impériale
Pendant la fête hina matsuri, on boit traditionnellement des bières traditionnelles peu ou pas alcoolisées à base de riz, et on mange des hina arare, biscuits à base de riz, et des sushis. Selon la croyance, il faut ranger les poupées le soir du 3 mars, sans quoi la fille de la maison ne pourra pas se marier pendant un an. Cette fête est célébrée dans la plupart des foyers, qu’il y ait une fille non mariée ou non

Les 7 dieux du bonheurs

Les Sept Divinités du Bonheur (Shichi Fukujin) sont sept divinités de la bonne fortune dans la mythologie japonaise qui possède chacune des particularités traditionnelles :

  1. Ebisu, divinité des pêcheurs, des marchands et de la prospérité, souvent représentée avec un poisson.
  2. Daikokuten ou Daikoku, divinité de la richesse, du commerce et des échanges. Ebisu et Daikoku sont souvent appariées et représentées sous forme de masques.
  3. Bishamonten, divinité des guerriers et dieu protecteur de la loi bouddhique et de la prospérité.
  4. Benzaiten ou Benten, divinité du savoir, de l’art et de la beauté, de l’éloquence, de la musique, de la littérature, des arts et des sciences, de la vertu et de la sagesse, de la prospérité et de la longévité.
  5. Fukurokuju, divinité du bonheur, de la richesse et de la longévité, de la virilité et de la sagesse.
  6. Hotei, divinité de l’abondance et de la bonne santé, du contentement et du commerce.
  7. Jurōjin, divinité de la longévité et de la prospérité.

Le Kōdō, un art japonais

Le kōdō (香道) est l’art japonais d’apprécier les parfums. C’est un des trois arts traditionnels avec la cérémonie du thé et l’ikebana. Lors d’une cérémonie de kōdō les participants « écoutent » des flagrances exhalées par des bois parfumés brulées selon des règles codifiées vers la fin du XIVe siècle. Les bois précieux et parfumés, importés de l’Inde et du sud est asiatique, ont été utilisés dans les rituels bouddhistes dès la période Nara (710-794).
La cérémonie a lieu dans une pièce où six a quinze personnes se rassemblent en formant un carré. Un préparateur, le komoto, remplit une coupe appelé le kiki-gouro, de cendres de riz. Une braise de bambou est brulé séparément et place à l’intérieur des cendres. Des tracés traditionnels sont effectués sur les cendres et un petit plat de mica est ensuite placé au centre. Enfin un morceau de bois de la taille d’un grain de riz est déposé sur le mica. Ainsi les senteurs sont produites sans combustion. La coupe passe ensuite de main en main pour l’« écoute » et revient au komoto qui a préparé une seconde coupe pour la comparaison.
Traditionnellement, les dix vertus du kōdō (香十徳) sont :

  • 感格鬼神 : Aiguise les sens
  • 清浄心身 : Purifie le corps et l’esprit
  • 能払汚穢 : Élimine les « polluants »
  • 能覚睡眠 : Réveille l’esprit
  • 静中成友 : Soigne le sentiment de solitude
  • 塵裏愉閑 : Calme les périodes agitées
  • 多而不厭 : N’est pas désagréable, même en abondance
  • 募而知足 : Même de petites quantités suffisent
  • 久蔵不朽 : Ne se décompose pas après une très longue durée
  • 常用無障 : Une utilisation habituelle ne nuit pas

Le Mame Maki ; l’exorcisation aux jets d’haricots grillés

Oni chassé à coups de jets de haricots (Hokusaï)

Le Setsubun est une fête nationale japonaise qui célèbre le 3 février l’arrivée du printemps selon l’ancien calendrier lunaire agricole (origine chinoise). La tradition moderne la plus connue du setsubun est le « Mamemaki », qui se tient la veille de l’équinoxe de printemps, au cours de laquelle les participants jettent des graines de soja ou des haricots grillées pour repousser les oni, sorte d’ogres – démons du folklore japonais. Les forces néfastes, incarnées par les ogres, sont soupçonnées d’envahir le foyer à chaque nouvelle année et d’être à l’origine de bien des malheurs. C’est donc en jetant par la fenêtre des maisons un de leurs aliments les plus détestés, le soja ou le haricot grillé en criant alternativement « Oni wa soto ! Fuku wa uchi ! »« Dehors les démons ! Dedans le bonheur ! » que les japonais tiennent à distance les oni et attirent la bonne fortune dans la maison.

La Procession du Sanno Matsuri

Sanno Matsuri (山 王 祭?) ou le Festival de Sanno, est un des plus grand festival Shinto à Tokyo, avec le Fukagawa Matsuri et Kanda Matsuri. Le Festival se déroule chaque année mi-juin, mais Le défilé principal, appelé jinkosai ou « Shinkosai » a lieu tous les deux ans à la mi-juin seulement les années impaires. Les personnes habillées de costumes anciens défilent dans Tokyo. La procession se compose de mikoshi (sanctuaires portatifs) ornés de phœnix, de chars dashi surélevés, mais égelament de personnes habillées en démon légendaire Tengu supposé avoir des pouvoirs surnaturels, caractérisé par un visage rouge et un long nez. Durant la semaine du festival, vous pouvez voir diverses traditions japonaises et notamment dans les jardins du sanctuaire, vous pouvez admirer une exposition d’ikebana, ou savourer un thé japonais. Vous pouvez aussi voir des japonais passant leur tête à travers un grand anneau de chaume, pour se purifier de tous les péchés commis depuis les 6 derniers mois et transmettre le mal à la poupée qu ‘il tiennent alors dans la main.

La porcelaine d’IMARI – ARITA

La porcelaine d’Imari est un style de céramique développé et exporté par le Japon au XVIIIe siècle par le port d’Imari dans la Préfecture de Saga, situé au Nord-Ouest de l’île de Kyūshū. La production de porcelaine a débuté dans la région d’Arita (有田町), cité de potiers de l’île de Kyūshū vers 1600. Selon la tradition, c’est un coréen du nom de Ri Sampei, installé dans la région, qui exploita un gisement de kaolin situé au pied de la colline de l’Izumiyama. Il réussit la fusion du kaolin, vers 1400 °C, pour obtenir de la porcelaine semblable à celle des Chinois mettant fin d’un monopole qui était vieux de plus de 7 siècles. Jusqu’en 1757, elle fut exportée en abondance vers l’Europe par les Hollandais, avec leur Compagnie Orientale des Provinces-Unies. Cette porcelaine fût très appréciée par une clientèle européenne aristocratique, friande de la magnificence des décors inspirés des grandes traditions de la spiritualité asiatique (shintoïsme, confucianisme, bouddhisme, taoïsme).

WABI SABI, l’asymétrie, l’aspérité, la simplicité…


Wabi-sabi (侘 寂?) représente une vue d’ensemble du monde japonais sur l’esthétisme, centrée sur l’acceptation de l’éphémère. L’esthétique est parfois décrite comme celle de la beauté qui est «imparfait, impermanent, et incomplète ». Il s’agit d’un concept dérivé de l’enseignement bouddhiste des trois marques de l’existence (三法 印 sanbōin):
L’impermanence (無常 mujō) : tout est constamment changeant, tout est flux, rien n’est figé une fois pour toutes.
L’insatisfaction (dukkha), ou souffrance : ce n’est pas que la souffrance physique ; du fait de l’impermanence des choses, rien ne peut nous satisfaire de manière ultime et définitive.
La vacuité des êtres et des choses (Śūnyatā), désigne leur absence d’être en soi (anātman), autrement dit l’inexistence de toute essence, de tout caractère fixe et inchangeant. Elle s’applique aux choses aussi bien qu’aux pensées et aux états d’esprits. Elle est beaucoup liée à l’ainsité (tathātā).

Les caractéristiques esthétiques du Wabi-Sabi sont l’économie, l’austérité, la modestie, l’intimité et l’appréciation de l’intégrité naïve des objets et des processus naturels.

Wabi : solitude, simplicité, mélancolie, nature, tristesse, dissymétrie…
Sabi : l’altération par le temps, la décrépitude des choses vieillissantes, la patine des objets. Le goût pour les choses vieillies, pour la salissure…etc.

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